23/04/2007

AVEC MA MUSE

AAAAAAATTTTT

 

Ensemble nous couchons

Sur papier crème,

Des mots d'esprit cochons,

Et des "je t'aime".

 

D'un jet sec nous pissons

Au cul du monde,

Et jamais ne baissons

Les yeux de honte.

 

Plume en branle bandons

Un arc-à-rimes,

Et les cons pourfendons...

Où est le crime?

 

Dards aux aguets volons

A tire-d'ailes,

Dans les cruches à frelons

Pour faire du fiel.

 

Au plus profond creusons,

L'âme a ses mines,

Et du charbon broyons

En pauvres rimes.

 

Espoir, nous crèverons

L'abcès du mal

De vivre sans raison...

Et point final

 

EDOUARD

 

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21/04/2007

AUTOPSY I

J'avais l'air d'un triste apache

Au parcours mal fléché,

Fumant le calumet, hache

De guerre en mon plumier...

Cultivant des grains de verve,

Il m'arrivait parfois

De sortir de ma réserve,

D'épater le bourgeois...

Mais je fuyais de dégoût

Les rencontres frileuses

Où l'on couvre ses dessous,

Civilités oiseuses...

Mes seuls amis étaient ceux

Qu'on ne rencontre pas...

En mes songes vaniteux,

Ils disaient croire en moi.

Je glandais entre deux marges:

Révolte et léthargie...

Maintes fois je pris le large,

Radeau sur eau-de-vie...

Pour couler dans cet alcool

Des jours bien malheureux;

Ayant perdu femme idole,

J'invoquais parfois Dieu.

J'avais en tête un fouillis

De desseins esquissés

Qui décalquaient  dans l'oubli

Mes projets avortés.

Je rêvais d'une oeuvre immense:

Chita devint King-Kong

En mes infécondes transes,

Et l'attente était longue...

Mes soirs baîllaient de routine,

Aigreurs édulcorées

Par la croyance enfantine

Au bonheur spontané.

Ombre aveuglée de moi-même,

Zappant les vrais soleils,

J'apposais des chrysanthèmes

A mon passé vermeil...

Me saignant aux quatre veines

Poétiques, je ramais

Pour me saborder à peine

A coups de bouts-rimés...

Saborder en ma mémoire

Un merdier de galères;

Ecrire fut un exutoire

Et Valium son compère...

Infirmières en faux-semblant,

Epargnez je vous prie,

Vos talc-shows rétroflashants,

Si jamais je m'oublie.

 

EDOUARD

 

RODINLEPENSD

 

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17/04/2007

SOUVIENS-TOI

bouffonertyu

 

Souviens-toi j'étais rigolo,

Bouffon qui des yeux te bouffais;

Dans mon vin je mettais de l'o-

pium en snobant tes ex-roitelets.

 

Le plaisir des sens était roi,

La plaie c'était vivre à l'étroit

Sans radis, mais j'avais de quoi

T'extraire au lit de l'ici-bas.

 

Puis je sonnais sur blancs feuillets

L'hallali des croix d'autrefois

Quand tes cristaux d'oubli chassaient

Le gris doublé de fièvre en moi.

 

Cris d'oubli dans les draps salis,

Deux coeurs bien clairs, amour-lessive;

Je me revois salace Ali,

Sésame ouvre-toi je salive.

 

Tu suintais jusque dans mes vers

Et corps allongé mouillais l'encre

Avant d'aller te mettre au ver-

tical amour des comptes en banque...

 

Et cueillir des snobs au col chic

Dans les présentations mondaines...

A côté je suis l'as de pique,

Harponneur de tristes baleines.

 

Sombre le rafiot de papier

Où ma folie tu partageais...

Promène-toi, regard altier,

Sur le "trop tard" de mes regrets.

 

EDOUARD

 

bollockssexr

 

 

23:28 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

MOLLASSONNERIE

offrepppaaa
 
Sofia sans soucis,
Si souvent fati-
guée moi je pleurniche,
Et chienne elle s'en fiche...
Fichu coeur de chiffe
Molle à son corps dif-
férent des canons
De beauté, je fonds...
Je fonce à l'appel
Des bises à la pelle,
Pour m'oublier dans
Ses sables mouvants...
Vampire et meilleur
Qu'un diable j'aspire
Alors la candeur
Des joues cramoisies...
Zig-zag à deux doigts
Du noir isocèle,
Je caresse un bas-
ventre sous dentelles...
"T'es le roi" dit-elle
Entre deux frissons,
"J'ai froid limaçon,
Deviens ma chandelle!"...
Elle s'endort en pé-
tard mouillé sitôt
Fini mon ciné...
Bandomètre à zéro.
 
EDOUARD
 

 

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13/04/2007

A TOUS LES ANGULéS

imagesangles

Les angles aigus des voix de crécelles,

Des mordues sans poivre du missel,

Des tordues qui se violent au ciel

D'un poing circonflexe au fion d'elles...

 

Les angles obtus qui barytonnent

Des âneries à la queue teutonne,

Qui s'aveuglent les papilles connes

De prêt-à-chier puis papillonnent...

 

Les angles droits des avocats,

Des ténors du barreau de bois,

Sans autres accords qu'un mi fa,

Un mi-faconde et mi-fatwa...

 

Les anglicismes snobinards

Des French cancaniers de comptoir,

Luxophiles qui font banque à part

Et révèrent le Prince L'Or en Barre...

 

Les englués glabres qui zézayent

Pour garder le cheveu bon ton

Sur la langue et crachent dans l'oseille

En blablas de soupe au poltron...

 

Tous ces angles auront-ils un jour

Un geste équilatéral pour

L'angle sanglotant bulles de savon

Quand pour lui ça ne tourne plus rond?

 

EDOUARD

 

gracejones

10:26 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook |

07/04/2007

LIVRAISONS INDOCILES

strangedays

 

Livrer l'as de trèfle aux canassons,

Le quatre-feuilles en porte-veine;

Et si l'air ne fait pas le chausson,

Qu'ils trouent enfin leurs bas de laine.

 

Livrer l'os après trop d'embonpoint,

Bas le masque en graisse hivernale;

Reprendre alors un visage humain

Face aux pitbulls de l'amicale.

 

Livrer l'ace au tac au tac, filer

Le parfait désamour avec

Tous les marteleurs de vérités

Pas absolues pour un kopeck.

 

L'ivraie, du bon grain c'est paraît-il,

Pour les brouilleurs de cartes aux jeux

De la philanthropie volatile,

Dieu délivrez-nous des mielleux...

 

Mais livrez l'Ourse aux jongleurs foireux,

Jongleurs de mots sans poésie...

Que ce bouquet d'étoiles soit pour eux

Le décor d'une autre alchimie.

 

EDOUARD

 

 

 

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06/04/2007

A TOI TRAITRE JUDITH

 

 

rosesang

 

La trahison comme art majeur,

Nul n'a besoin de t'initier...

Moi j'ai trahi, soufflant douleurs,

Ma dignité pour ta pitié.

Avec des mots, fléché au coeur,

Je t'implore à demi prostré,

Les yeux clos pour voir en couleur

Ce qu'il me reste du passé.

Des mots jaillis d'un vieux mouchoir

Mouillé, tour de magie minable...

Et ces morpions de ma mémoire

Qui font peur au marchand de sable.

Des mots polissons, mots tabous...

En ton milieu d'autres se baignent;

Le coeur trop plein, la goutte au bout,

Seul dans le fond du trou j'obsaigne.

Des mots d'amour que je sussurre

Au mur du songe et pour les sourds,

Démodés mais de fière allure

Comme olifant de chasse à court

De souffle je te contemple

Avec à l'oeil un judas vide,

En larmes à la porte d'un temple

Où billets doux jamais ne guident...

Ce temple est mon faible intérieur

Pour ta majesté diabolique;

J'y prie, j'y espère et j'y pleure

En sacrifiant tout sens critique

Sur un autel trente-six étoiles

De coups portant le poids des ans;

Mais je ne puis rendre le mal...

Encens versé d'une âme en sang.

 

EDOUARD

 

 

 

 

 

 

 

 

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