06/02/2008

PROSE I côté jardin

th_Poinsettfleurfr

 

Mon jardin d’enfance, inodore aux nez des copains complets à la fibre merdeuse, savait le parfum secret des fleurs d’amour qu’on dévisage à la légère, qu’on envisage au sabre clair. La pelouse étouffait sa toison verdâtre sous la grisaille de leurs projections pesticides, et des cigales de rêve en contralto s’époumonaient dans les dissonances de mes neiges éternelles. Solitude en poudre que j’éternue aujourd’hui, tel un Atchoum sans sa clique de nains, sur le mouchoir cliquetant du clavier noir. J’y aligne mille et un vergers de fruits défendus, mûrs avatars de ceux cueillis jadis, quand j’avalais des couleuvres, et me lolitaffais des elfes en catimini-jupe, aux strips venimeux. J’y aligne des perce-neige qui, jusqu’au rubis-pistil, s’exfolient le blanc spectral de mes grains de verve abrasive.

Mes proches, qui n’avaient de grand que l’estime d’eux-mêmes, veillaient à l’éveil du rationnel en moi, et louaient ma sage introversion, mes pudeurs mal placées comme des feuilles de vigne au cœur,  fils barbelés en somme, où s’écorchaient parfois mes butineuses de mystère en une ecstatique électricité des sens.

Ils espéraient me voir au chaud dans un moule, mais j’étais croissant de lune, alvéolé olé au fond de moi. Un jour soupe au lait caillé de stress , l'autre souple au lait d'ânesse. Aussi complexe qu’un lacis désolant creusé par des taupes ouvrières myopes mi-folles, aussi complexé qu’un bourgeois dans les formes, et n’osant montrer mon cul aux esprits faisandés du lisier post-pubère, moi qui damoiselais fébrile et chaste à la lisière. 

J’entendais parfois dans mon jardin  résonner l’autre chanson de Brel, avec ses vieux potes âgés qui ne sortent plus, au train-train de chiens de garde ou chats loupés, au dadouronron pendulaire, turlutinage à l'occase,  métrognome à venir de crépuscules enchantés où la raison vacille, de vasistas en ouvertures éclair…avant le dernier soupirail.

J’étais fille et garçon à la fois, étamine et pistil,  jeune et vieillard, mais jamais je ne serais adulte.

Mes échappées belles en arc-en-ciel se plombaient souvent de fiel, car voltefessées par les enseignants, les docteurs de la foi bilieuse, les aide-saignants rectifieurs de tirs , et dont la face de rat dégoûtant me faisait gerber du pissenlit nauséabond, sous formes de pensées caca-boudin. Faux anges gardiens de l’âme qui perturbaient mes fréquences radioactives, mes solitaires bombances aux noyaux de prunes littéraires, ma révolte embryonnaire. 

 Ces esprits pré-ridés, tantôt frappeurs de dogmes à clous, tantôt martelant les trois coups d'un grand-guignolisme sans impros, je les fuis toujours dans mes aristocratères à fumerolles poétiques, ou  les charge en éruptif Don Quichotte, pogne-mots directs et gifles-virgules, quitte à me faire mouliner la canne à pécher le bon…pour de bon.

edouard_divers22

13:07 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour l'ami.... C'est bien bizarre ça, je n'ai aucun problème de connection cependant....
Mais je te remercie d'avoir pris la peine de venir mettre ton petit mot sur mon graf, pour moi les problèmes sont souvent sur le graf, quand je veux poster le message, il me dit que le service est indisponible...aujourd'hui ça fonctionne !
Les mystères du net ! ! !
Gros bisous et bonne après midi

Écrit par : Chadou | 06/02/2008

Singulier mais pluriel à la fois... tu nous emmènes dans tes méandres existentielles. Tu ne sais peut être pas décrire les objets mais quel intérêt ???.... Tu décris si bien les sentiments !

Écrit par : Or | 06/02/2008

multiples facettes... ou plus d'un(e) a dû se perdre souvent, méandres Edouardesques à déchiffrer mais quel joyau caché dessous sans doute!
je vois que tu es venu te perdre dans mes délires d'atelier;-)! il faut se défouler et le faire sous consigne est un bonheur!
à bientôt douard, j'ai beaucoup aimé te lire. bises.

Écrit par : mathy | 06/02/2008

!!!!!!! c'est moi mathyetboubou Edouard, ou plutôt mes petits enfants.
je suis chez eux le mercredi et ma petite fille est allée sur son blog donc, les cases sont préremplies et oups, rien vu!
re-bises!

Écrit par : mimi | 06/02/2008

comme les reflets d'un miroir, plusieurs ont dû si perdre ta plume et légère et habille mais ta pensée est quelquefois difficile à saisir.
mais j'aime tout de même te lire

Bises
Mari

Écrit par : Marie | 06/02/2008

*oo* Je me régale des jeux de mots...:-)
Peut-être est-ce Edouard enfant déjà rebelle au moule pré-fabriqué, aux dogmes, aux oeillères, toutes ces entraves qui brident la sensibilité et qui isolent, ce monde d'adultes étouffant, prêchant le bien comme il faut et le droit chemin ?
Ou alors je n'ai rien compris à tes mots Edouard,
en tout cas, moi non plus, je ne veux jamais être adulte.
Bisous :-)

Écrit par : Loo | 06/02/2008

Ca te va si bien aussi, la prose poétique. Et il est très complexe ce texte, tant dans le fond que dans sa forme. J'applaudis très très fort. Et j'ai eu l'impression d'apprendre beaucoup sur toi. Je me suis même amusée à t'imaginer, 'l'grin gamin", en courtes culottes. Beaucoup de rebellion, mais aussi beaucoup d'humour et d'intelligence.
Bisous Edouard,
A bientot

Écrit par : | 07/02/2008

Plus perso ça fait du bien parfois non?
bye bye

Écrit par : sj11 | 07/02/2008

Un régal ...

Écrit par : Nadette | 07/02/2008

Prose ou poésie... ...tout est prétexte à te dévoiler...;-) superbes écrits que j'ai su apprécier...je n'en voyais jamais la fin mais tes jeux de mots sont toujours époustouflants un grand bravo...
Bonne nuitée l'artiste...bisous

Écrit par : Ethae | 07/02/2008

Kikou Edouard, Quel plaisir de papillonner quand on sait que le soleil est prévu pour ce week-end !
Description d'une enfance survoltée avec des jeux de mots comme toi seul sait les faire !
Bisous doux et @ très bientôt.

Écrit par : Papillon6168 | 08/02/2008

Bonjour toi Moi aussi je prends mon décodeur et j'arrive à suivre mais restes comme çà c'est rare j'aime tes jeux de mots.
Une nouvelle semaine arrive je te la souhaite agréable et ensoleillée
La mienne va être bien triste les yeux pleins de larmes et le cœur gros
Bon week-end également et bonne St Valentin si tu le fêtes
Mille bisous.
COCO !
http://romyrose.skynetblogs.be
http://cedricangel.skynetblogs.be

Écrit par : COCO ! | 08/02/2008

Quelle plume ... j'adore tes jeux de mots.
Merci de ton tit mot laissé chez moi.
amitiés et bon we

Écrit par : petit peps | 08/02/2008

Mais comment fais-tu ? Tu dois écrire à l'encre surréaliste. Ce n'est pas possible autrement.

Ce qui est sûr, c'est que je ne m'en lasse pas.

Peut-être est-ce parce que je suis obligé de relire plusieurs fois le texte... Une histoire de neurones sans doute( lol !)

En vers ou en prose, je me régale !

Écrit par : Rafaël | 12/02/2008

Super. Sacré ED, égal à toi-même

Écrit par : Michel | 13/02/2008

Kikou à Toi,
En ce jour de Saint-Valentin, mes ailes me transportent afin de semer l'amour partout dans le monde !
Une excellente journée avec l'Amour de ta vie.

Écrit par : Papillon6168 | 14/02/2008

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