25/10/2007

RETROVISION

 
hytf21

 

Epouvantail pilier de gare,

J'appelle en vain les oiseaux rares

Qui n'ont rien d'anges migrateurs

Pour une aumône aux petites heures...

 

Je vois des néons racoleurs

Promettre aux vautours noctambules

Un inoubliable quart d'heure

De rodéo sur une mule...

 

Mulâtre imbécile et si belle

Qu'on ferme un oeil sur ses silences,

Sur sa torpeur malgré laquelle

On espère un soupçon de transe...

 

Je l'ai fort bien connue jadis

A la merci de l'artifice,

La came était notre compagne,

Parfois nus battions la campagne...

 

Et aux aurores humides et froides,

Je me réchauffe en souvenir

De quelque lascive escapade

Sous le ciel en train de rougir...

 

Je revis cet instant sacré

Comme une vache de Bombay;

Déraison, flashback dissolvant,

Je voudrais m'y perdre souvent...

 

Que le présent n'existe plus,

Ni ces gens sourds bien entendu,

Ceux qui réservent leur amour

Aux coeurs vautrés dans le velours...

 

Quand moi je squatte la poubelle

D'un monde où la fantaisie dort,

Clochard habité par la belle

Rose éclose au vent de l'aurore...

 

Après une étrange parade

A la manière afro-cubaine,

Qui rend la raison marmelade

Et la libido souveraine...

 

Point d'orgue d'un amour défunt;

J'étais alors sapé milord,

Dans l'air flottaient son clair parfum,

Sa robe en soie bleue lamée d'or...

 

Et moi, défiant la gravité

Qui pourtant m'était coutumière,

Avec un humour si léger

Que je me sentais mongol fier...

 

D'être éclairé par le génie,

J'avais le sens de l'ironie...

Mais pluie de mort fine a chassé

D'un amour les ronds de fumée.

 

edouard_divers22

 

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16/10/2007

FLASH

 

Ton saint-frusquain de bazar,

Que j'auréole en diablotant

Par giclées de verge-encensoir,

A la beauté du faux-semblant.

 

Ce négligé flash donne un style

A ton échevelée candeur,

Quand des truies de salon s'épilent

Pour un soupçon de poil au coeur.

 

Ce frock'n'roll évasé

Comme un dandy sous Warhol

T'affiche un air moins blasé

Que Bowie singeant les folles.

 

Ce fuseau d'encre aussi souligne

Un profil d'Ariane androgyne;

Mais il faut lire entre les vignes:

Eve humide et sobre féline.

 

Sous ce fichu, cache-coeur

Aux fuschias bien motivés,

Vient d'éclore une fleur

Loin des vals siliconés...

 

Fleur de magma qu'on effeuille

A la folie, prends-en soin;

Lèvre pour lèvre, oeil pour oeil

En ce volcan de quatrains

 

Qui mes amours mortes soudain

Barbouille en pittoresques ruines;

Mille et un soir de blancs satins

Nous fait miroiter, lutine!

 

edouard_divers22

 

miyako ito2

 

 

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09/10/2007

ALCOVES EN SECRETS

angel

 

Dans les alcôves on secrète

Un jus de fruitées colombes,

Un don de soi qui se prête

Aux jeux de lumières et d'ombres.

 

Dans les alcôves on se crèche

En chairs à pécher le bon,

Se mire hors-cadre et se lèche,

Et s'encense en ascension.

 

Dans les alcôves on s'accroche

En tringles à rideaux brise-vitres;

On est voilages et valoches

A l'oeil, on se pointapitre.

 

Dans les alcôves on cisèle

Un diamant de sel volage;

On se roule des archi-pelles

Cunnilingues à coquillages.

 

Dans les alcôves on se zèle

A renverser la vapeur

Tiédasse des grisailles fidèles,

A rebrousse-poil, jungle au coeur.

 

Dans les alcôves on s'isole,

Kiosques aux tabous tamisés,

Où baille un blues voluté...

Du saint coït, l'auréole.

 

edouard_divers22

 

 

volutes

 

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03/10/2007

TETE BASSE (RESIGNATION)

ertreuipre

 

Par les sentiers battus, plus tuba que flûteau,

L'homme à cran d'art est lourdé comme un fardeau.

 

Car il rechigne à se coulisser dans les gonds

Des porcs taille XXL, porches en armé béton.

 

L'homme accro d'air libre a la fibre de Verlaine,

Un cocasse évasif aux éclats porcelaine

 

Que l'on rit, que l'on moque en raseurs de moquette,

Que l'on flic flac floc dans la boue, que l'on déjecte

 

De balcons pigeonnants, d'opulences en coquilles,

Où l'on mit graines aux becs de fièvre qui grappillent.

 

L'homme à tous crins peignerait des cheveux de fée,

Mais la hiérarchiasse a sa palette encrassé.

 

A sec sur la paille, il cueille alors un fétu

Pour souffler dans l'éther ses paradis perdus.

 

Bulles au crâne, impuissant tout bas loin des flûteaux,

L'homme abat sa muse, puis se muselle en troupeau.

 

edouard_divers22

 

Z1158E~Decoiffe-Afficheser

 

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