18/10/2006

LA MUSE AURORE

aurore1

Dans un nightclub aux sons fanés,

Java rose et french papy rock,

J'ai swingué pour tout balayer

De mes amours brisées, du toc...

Puis tangué sur une argentine

Invitation à la luxure,

La bière en émoussant mon spleen

Me disait: "barbe noire, assure!"...

Ecumant, j'avais l'oeil ancré

Au corsage en cuir échancré

Sanglant la gorge luxuriante

D'une Aurore, ombre rougissante...

Sa robe ondoyait lentement,

Et les bas résille, eux, filaient;

A l'annulaire un faux diamant

Au gré du laser scintillait...

A vrai dire elle avait l'air triste,

Egarée parmi de vieux paons;

Plus d'un s'ingéniaient sur la piste

A lui plaire et l'alcool aidant,

J'étais paré pour l'abordage

De la rockeuse en cuirassé

Contre les charmes d'un autre âge,

Aux pas de quatre chaloupés...

Bien sûr je n'étais qu'un ringard

Flibustier des coeurs au long cours,

Cherchant toujours la perle rare

Et sous ses fantasques atours,

J'ai découvert en cette fille

Un trésor de pudeur enfoui,

Vierge îlot sur le gouffre au clair

De ma lunaison solitaire.

 

Mon oeil glissait sur le platine

De ses longs cheveux satinés

Quand, l'esprit noir encre de Chine,

A ses mots bleus je fus glacé

Comme un papier de magazine

Où l'on s'aveugle des splendeurs

Qui nous feraient courber l'échine

A leurs caprices mais...pudeur!

Elle était froissée pour un rien,

Papier bible et peau de chagrin

Qu'en moi  j'ai vue se rétrécir

Au lent réveil de mon délire...

Car tout cela n'était qu'un rêve

Pieux de fleurette en fin d'automne;

Il est des soirs où les cieux lèvent

Un coin de voile et j'en frissonne...

Les soirs où je danse envoûté

par Aurore, impalpable étoile,

Je remercie la muse harpée

D'éclipser mes amours triviales...

Le temps d'une illusion trop sage

A mon goût mais quelle importance;

Elle agrémente mes naufrages

De vagues lueurs d'espérance...

 

Chiffonnée par mes idées noires,

Aurore imbibe son mouchoir

Quand, sur un amour qui s'échancre,

J'obsaigne et sue mon encre.

 

EDOUARD 1994

 

 

10:31 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

11/10/2006

ICONOCLASME - MOZART

Mozart me débecte,

Ca vous dérange?

Parole abjecte,

On flingue pas l'archange

Qui schlingue la naphtaline,

La poudre à perruque,

La dinde en crinoline

Pour grands-Ducs et trous duc!

 

Si en p'lote j'ai les nerfs,

Et puis l'feu au derrière,

Passez-moi du pompier,

Genre la Flûte Enchantée...

Et s'il fait dans ma vie

Un fichu temps d'clébard,

Quand j'ai des tiques, des coquilles,

Quand j'en ai plein l'muselard,

Ne truffez pas mes ras-l'bol

De Nonosses de Figaro,

Sinon j'vous joue la parabole

Du clebs prodigue en coups de crocs!

Don Juan...va t'défaire ailleurs,

Et l'Enlèvement...à la ferraille!

Rien pour moi qui vaille

Un clou d'mon cuir de rocker!

la gangue à Wolf me débecte...

De quoi leur trouer l'faux-cul

Pot'd'chambritiquement correct,

Aux rats des goûts préconçus!

 

Est-ce crime de lèse-majesté,

Bicentenaire oblige on s'insurge,

D'anarchier mes gerbes de fleurets

Qui font mouche aux bande-mou d'Panurge?

Arrosez-les d'acide, nobles esprits...

Vos Versaille valent bien mes terrains vagues;

Mais gardez-vous blaireaux je vous prie,

De passer à tabac mes blagues!

Sinon j'vous passe un savon

De Marseille Proust Prout cadet,

Un "savons-nous dire au fond

Si Blanche et prof pigeaient Simplet?"

 

EDOUARD 2006

 

jocondem

 

19:51 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

08/10/2006

LE VOISIN DE SARAH

C'est la soirée des crabes aux pinces d'argent,

Des collets montés pour collin-maillard;

A tâtons se risquent les courtisans,

L'amour pour moi n'est pas un jeu ringard...

L'orchestre bat son plein de swing en or

ma si folâtre Sarah me dévore

Des yeux vitreux pour un chassis massif,

A la fois Joplin et Boule de Suif...

Bacchante au sang rock, love and precipeace,

Au pays des merveilles et sans malice;

Héroïne aux cent proies de maupassant,

Goinfre de trottoir, sainte au firmament...

Sarah prend sa flûte à bulles et sirote,

Emoustillé sous son pull je pianote,

Et sa peau m'est si tonique et légère

Que nous ferons corps accord en plein air...

En contre-ut et rutilant d'amour brut,

Nous triompherons de tous les vertiges;

Et sans filet sans ailes ou parachutes

Exulterons de voltige en voltige...

gardenp

Soirée sur parquet ciré chez Sarah,

Je veux voir glisser les cadres glacés,

Se casser la pipe en plein pas de trois...

Pourquoi d'autre les a-t-elle invités?

 

Je suis l'intrus surprise et très prisé

Qui s'infiltre en light pour faire un tabac

Roisin de palier ça va se corser

Si Sarah me roule...entre ses doigts...

Je n'aurai plus qu'à partir en fumée

Loin du corps de rêve et me réveiller.

corinne_touzet3

 

 

EDOUARD 1996

21:06 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |