28.03.2008
POISON D'AVRIL

Homme oublié de Dieu,
Garde la tête haute,
Et grimace en tout lieu
De ton dégoût, la faute...
Tâche de te montrer
Fidèle à Lucifer,
L'aïeul des voluptés
Chères aux coeurs de pierre..
Honore ton épouse,
Conception maculée
D'ignobles bagouzes
Et de crème à fouetter...
Tiens-toi comme un menhir
Ecrasant la vermine,
Sans trop te repentir
Des pulsions assassines...
Dépouille le nanti
Des diamants et rubis;
Avec de simples pierres,
Lapide la misère...
Prends garde à la pitié
Que pourraient t'inspirer
Culs chastes et curés
Aux suppliques mal-biaisées:
Crapauds de bénitier...
Bien tristes créatures,
En humour ordurier
Traduis leurs écritures...
Envoie quelques copies
A nos amis guignols,
Que ces poisons farcis
Fassent en avril école!


10:50 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (42) | Envoyer cette note |
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20.03.2008
BULLE ZEN?

Soupirons d'aise à la nuit comblée
Par des lubies musicolores;
Un do ré dièse en contre-altier,
Pour d'humbles quatrains-météores.
Glissons-nous relax dans l'auto-bulle,
Et sans rouler des mécaniques,
Sans airs conditionnés, bidule-
machin-chouettons libres en musique.
Laissons les zouavenues, boulevards
De la frime aux rolls-rocks flashos;
Dénazillons nos idées noires
En auto-dérision deux ch'vaux.
Décapotons nos tacots blueseux
Sous les réverbères en psyché-
délictueuse conduite aux yeux
Du sang bleu circoncirculé...
Décapitons nos veaux d'or bouseux
Comme un jaguar avachi se meut;
Flattons le dieu Pan qui flûte aux cieux,
Champagne des sourds aux jacuzzeux.
Laissons jaillir les épis de notes
Aiguës pour l'ennui pailleter;
Laissons fouler les basses en bottes
Feutrées, le chagrin des chaussées.

15:24 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note |
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18.03.2008
PRESENT DECOMPOSE

Un esprit frappeur m'a traqué sans répit,
Je suis au pied du mur de la déraison;
C'est l'ombre de ma braque et triste égérie,
Ne suis plus qu'une larve en mal de cocon.
J'ai cru bâtir avec elle un fief d'avenir,
Je m'enfièvre au présent tout décomposé,
Posant con l'hymne au repos, l'hymne au martyr,
D'une voix rayée de sa conscience à jamais.
Je suis au pied du mur sans lamentions,
Sans y voir vraiment clair et plein d'illusions...
Sauter par-dessus, l'abattre pas question:
J'ai peur bien trop peur des nouveau

19:26 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note |
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14.03.2008
CHAINE DU DR EDOUARD



Chers élus de la providence,
Ejaculée en '69 par le Dr Edouard sous l'emprise de substances pyrotechnicolores, champignons mystiques du Mexique, cette missive constitue le maillon d'une chaîne aux vertus miraculeuses. Vous avez tout intérêt à la recopier 784 fois (à la main) ou plus si le coeur vous en dit. D'heureux événements viendront alors bouleverser votre existence de mollusque ou d'affreux blaireau. Attention: cette chaîne ne peut sous aucun prétexte être rompue. Vous pourriez le regretter à jamais.
Quelques exemples glanés dans la presse à sensations:
Monsieur A, chirurgien érotomane et alcoolique invétéré, reçoit le message en question. Sans hésiter, sans tergi-verser sa bile et son foutre, il prend 2 jours de congé, puis s'attèle à recopier au nombre de fois indiqué. Après quoi il se rend d'urgence au lupanar dont il détient la carte de fidélité, onzième Togolaise gratuite mais à prendre en sandwich. Trois jours plus tard, il réussit à la stupéfaction générale sa première ligaturation de trompes tout en se grattant les morbacs exotiques.
Monsieur B, que d'aucuns jugent d'une laideur repoussante, devient à son tour heureux destinataire. Il reproduit le message 784 fois, et 3 jours après, gagne un premier prix de beauté...au Monopoly. Cette apparente ironie du sort fit naître en lui l'audace. Celle de s'exhiber tel quel dans des sauteries autres que les bals de mardi gras, par exemple.
Madame C se croyait condamnée au célibat à perpétuité. Elle reçoit la lettre, la recopie avec application, et 72 heures plus tard, parvient à séduire un sexagénaire fortuné jusque-là sans héritier. Luxembourgeoise et paradoxalement fûtée, elle envoie en douce une copie anonyme à ce crabe défraîchi trois jours pile avant la nuit de noce. Ce dernier lui confie son embarras. D'un sarcasme feint, elle évoque les fumisteries en tous genres et lui enjoint de ne pas recopier, pour lui éviter de "s'attirer les foudres de spectres rationnels". Résultat: il crève la gueule ouverte en pleine éjac' et elle touche le pactole.
Monsieur D, surnommé le "Saint-Thomas" du Swaziland, parcourut le message en soupçonnant l'expéditeur de n'être qu'un mauvais plaisantin. Avec il se torcha, et trois jours plus tard, un macaque sodomite fit une première incursion dans ses rêves autrefois pieux, et qui allaient se métamorphoser en bacchanales de zoophilie. La jouissance et la honte furent telles que notre apôtre écopa 6 mois d'expiation dans un ermitage, peine infligée par un confesseur sans complaisance.
Monsieur E, dont les prouesses sexuelles étaient en passe de figurer dans le Guiness Book, se crut lui aussi victime d'un canular de mal-baisé. Il s'arrête à la deuxième copie, qu'il paraphe d'une giclée de sperme, et retourne à des occupations autrement plus bandantes. Trois jours après, vous l'auriez parié, sa femme pourtant comblée le cocufia sans vergogne avec un vieux moine défroqué au sens propre. Morale: au lieu de tremper la queue dans les muqueuses diabolesques, il est parfois préférable de tremper la plume dans l'encrier.
Monsieur F reproduisit le message 762 fois, puis laissa tomber, se sentant peu à peu la proie du ridicule. Trois jours plus tard, son épouse fut atteinte d'une épilepsie sismique alors qu'elle lui taillait une de ces pipes dont seule sa cousine carmélite partage le secret. Les couilles sont épargnées, mais s'interrogent désormais sur leur raison d'être.
Monsieur G n'était certes pas gâté par la nature: nain chauve affligé d'une excroissance nasale susceptible d'éclipser Cyrano, il éclata d'un rire fou quand sa mère lui fit la lecture du message. Frappé de cécité à l'âge de trois ans, ce Schtroumpf hideux recouvre la vue trois jours après. Et tout son voisinage en génuflexion de crier au miracle. Il se suicide à la rencontre du premier miroir.
Monsieur H, le nègre de Stevie Wonder, Brassens, Brian Wilson, Bowie et les Jackson 5, était assurément l'incarnation du génie éclectique. Mais son inspiration jadis infaillible mit les voiles dès qu'il s'empara du message pour l'envoyer aux flammes. Après une longue traversée du Désert, il parvint tout de même à fourguer deux de ses merdes à la Bande à Basile et à Rémi Brika, le sous-homme orchestre.
Monsieur I, chômeur depuis des lustres et sans espoir, prit son courage à deux mains pour lire la lettre en diagonale. Il se fendit la gueule si fort qu'il se la fendit pour de vrai. Aucun spécialiste ne parvint à élucider ce mystère. La chaîne ayant un faible pour les chômeurs, il finit tout de même par se dégoter un rôle de sonneur de cloches dans un remake kossovar de "Notre-Dame de Paris".
Madame J venait de fêter les noces d'or de sa fille. Elle aurait dû tourner 7 fois sa langue râpeuse avant de clamer haut et fort que tous les superstiteux sont des ringards. Trois jours plus tard, elle se fit klaxonner la gueule par une locomotive alors qu'elle se roulait un pétard barreau de chaise au milieu de la voie ferrée. Encore une victime de la drogue, me direz-vous? Le Docteur Edouard la soupçonne plutôt d'être victime du rationnalisme forcené, de l'incrédulité aveugle et idiote.
Alors, si vous tenez à connaître le succès et la volupté haute fréquence, vous savez ce qu'il reste à faire.




12:02 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note |
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06.03.2008
ERSATZ

Je me taille en saillies, je m'étale en rivière,
En diamants d'encre d'un Nil éternel et fier...
A l'état brut en sous-roche aux ressources alanguies,
Puis Kéops inversé d'hiéroglyphes en toupie
Je pivote, humour en pointe, sans prendre mon pied
Qui se perd dans les flaques siphonées quand je sonde
A la torche du logique en brûlots ma blonde...
Je me noie dans les fautes d'accord, les rejets,
Notes implaquables après que j'ai glissé l'archet
Sur le violon désaccordé de ma petite
En feu-follet pour un tamiseur à pépites
Irisées, son amant d'hier et à jamais...
L'hymne étranglé d'un blues en bagues et froid couplet,
Refrain dans le vent qui s'entête et s'encapuche
En secret de polichinelle, secret d'autruche
Un temps les piles à l'air et la face enterrée
Pour que je la tire, mais en ersatz du passé,
Monet de rechange en flash, peintre impressionnant
Qui voit sur toile un peu trop déteindre l'amant
D'avril, un Douanier "Trousseau" de sa naïve
Entrée dans les arcanes où le nacre et l'olive
De fil en aiguille s'étaient découverts, vampés
L'un par l'autre, arabesques de chairs esquissées
Dans le vif éclair à la baguette imagique,
Pain d'épice éperdu, blanc d'éclat symphonique
En carré de mire quand moi, poids-plume à la gomme
Des souffleurs de vers bubblegum, ça m'assomme.
Alors je bats la démesure en flop modèle
Et je greffe aux chancres de l'ange un semblant d'ailes
Trop dépareillées, j'ai l'art aussi de brusquer
Par mes "pourquoi lui?" qui la dégomment et j'en souffre,
Allumette à poésie qu'elle allume en son gouffre
Pour de ses vingt ans goûter un peu la fresque...
Je suis machine à remonter le romanesque
Du temps, tremplin pour sa mille et deuxième nuit
En rétrovision folle au volant d'un tapis
Que je déroule, tapis rubis tapis de sang,
Boîtant comme un canard ouateux, travelling avant,
Fondu enchaîné sur le bleu zen d'une épure...
Mais ça cloche en ses thrillers internes, sa cuisine
Au formol qui me stigmatise, piètre doublure
En plain-chant périlleux sur l'amie trampoline
Qui m'a croqué la vie à dents rouillées de scie
Sauteuse d'humour; et "porc salut!" de l'amour-plongeoir
Je glisse, je retourne en claque aux torpeurs amphibies
Après le savon passé...je planche sur le noir.

10:31 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note |
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01.03.2008
MEDITHATION
Ma neige à moi c'est toi, blanc reflet qui médith,
Avec tes cristaux montés comme un Alexandre
Du matin calme en pieds plus hauts que le zénith,
Pieds de doux zen, à rien comprendre, à se suspendre...
Aux étoiles de fond du grand marionnettiste
Qui nous joue sa rangaine ainsi font font font...
Mais les trois petits tours de ma neige aux puristes
Ne sied, car ce ne sont que tours de chansons...
Tours de force ou d'art mineur allez savoir,
Et qu'importe le flocon pourvu qu'on ait la poudre riche;
Boules de neige ou de geisha c'est tout comme à mon regard
De chérubin thermâle qui piaffe à l'argot des pouliches...
A la gouaille enfiévrée de Milord l'Arsouille,
Emporté par la boule dans les gorges profondes...
Et je ne regrette rien sinon la beauté des gargouilles
Que j'eusse aimé croquer comme un Vinci la Joconde.


10:59 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note |
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22.02.2008
FOLIES SERIEUSES

Tournicoter au vieux manège
Et cravacher les chevaux;
Malaxer des boulets de neige,
Entarter papa gâteau...
Jouer du trombone à coulisses
A poil et sans partition
Pour mettre grand-mère au supplice
En singeant pépé luron...
Fumer comme une locomotive
Avec bon Dieu qui déraille,
Et, dans le tambour à lessive,
Planquer sa doctrine en braille...
Balancer dans le vide-ordures
Les messages sans reliefs
De mes compagnes d'aventures
Au pays du plaisir bref...
Souffler un chapelet de bulles
En effloraison FUNèbre;
Rayer mes amours funambules
Et galoper comme un zèbre...
Prendre un bain d'espiègle jouvence,
Etre à nouveau la cigale
Aux lendemains sans importance,
Et plutôt crever la dalle
Que m'asseoir à la triste table
D'insensibles fourmis de fable;
Laisser mon coeur au bac à sable
Et ma raison dans un cartable.

11:29 Écrit par Edouard dans Général | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note |
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